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Hommage à Dennis Oppenheim

Communiqué de presse

L'exposition-hommage consacrée à l'artiste Dennis Oppenheim au Musée d'art moderne de Saint-Etienne Métropole offre l’occasion inédite en France de parcourir les trente dernières années de création de ce fabuleux constructeur de formes et de mécanismes au travers de six installations particulièrement emblématiques.


Le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole s’intéresse depuis son ouverture au travail de cet artiste américain né en 1938 et décédé début 2011. Il conserve 12 œuvres, dont 8 données par Vicky Rémy (à qui le Musée rend hommage). Les expositions "Objects vs Design" (2004), "Domicile" (2005) et "Iles jamais trouvées" (2010) ont montré les travaux plus récents de Dennis Oppenheim. Sa disparition est survenue alors que l’exposition se préparait en lien direct et régulier avec lui.


L’artiste avait déjà pensé l’exposition : six installations dans quatre lieux différents du Musée : grande salle centrale, couloir, hall d’entrée et extérieurs. Chaque lieu convoquerait des univers spécifiques : celui du corps et du mimétisme ironique de la vie avec Theme for a Major Hit (1974) et Table Piece (1975) dans la salle centrale ; celui de la transformation jusqu’à la disparition dans le couloir (lieu de transition) avec Aging (1974) ; celui de la sculpture urbaine, décorative et exubérante avec les Splash Buildings (2009) dans le hall, et enfin celui du jeu entre l’architecture et la sculpture avec les installations extérieures des Smokestack Buildings with Frozen Fireworks (2009) et Black (2007).
















 







Dennis Oppenheim, Table Piece, 1975

Dennis Oppenheim, Table Piece, 1975

Avec Theme for a Major Hit en 1974, Dennis Oppenheim met en scène 22 pantins de 80 cm de haut, habillés, mécanisés grâce à un moteur et suspendus au plafond. Ces marionnettes articulées bougent au rythme d’une chanson écrite par l’artiste, et jouée par Roger Welch à la batterie et Bill Beckley à la guitare notamment, deux artistes plasticiens présents dans nos collections. Le refrain, " It ain’t what you make, it’s what makes you do it" - "ce n’est pas ce que tu fais, c’est ce pourquoi tu le fais", reprend un des questionnements propre au milieu artistique des années 1970 : le concept peut-il prévaloir sur la réalisation…

Dennis Hoppenheim, Theme for a Major Hit, 1974 (détail de l'installation). Bande sonore, marionnettes motorisées, bois, tissu et lecteur de cassette. Dimensions variables. Courtoisie Dennis Oppenheim Studio, New York © D. Oppenheim

Dennis Hoppenheim, Theme for a Major Hit, 1974 (détail de l'installation). Bande sonore, marionnettes motorisées, bois, tissu et lecteur de cassette. Dimensions variables. Courtoisie Dennis Oppenheim Studio, New York © D. Oppenheim

Dennis Oppenheim est un créateur échappant à toute forme de classification ou de système. Suite notamment à sa rencontre avec Robert Smithson, il a d’abord concentré son travail sur des réalisations de Land Art (Annual Rings, 1968), puis de Body Art (Reading Position for second Degree Burn, 1970).


Dans ces différentes pratiques utilisant le paysage ou le corps, la question centrale pour Dennis Oppenheim reste la sculpture. L’artiste affirme avoir pris conscience de son corps en arpentant les espaces, et l’expérimentation sur le corps poursuit l’inscription dans un lieu. Ces premières formes d’expériences de la "sculpture", marquage d’un lieu ou d’un corps vont ensuite s’incarner dans la fabrication d’objets hybrides, de structures monumentales, ou d’installations aux combinaisons surprenantes.


Plus tard Dennis Oppenheim se lance dans la fabrication de machineries complexes, documentées par des dessins préparatoires réalisés a posteriori. La sculpture toujours, mais au service d’une dynamique, d’un effet ou d’une transition. Il utilise les feux d’artifice, le son, la lumière. Il montre des figures populaires, des animaux, des objets du quotidien, qu’il mêle entre eux au travers de rencontres inédites prises dans des jeux d’échelles déroutants. Pour le critique d’art Germano Celant, ces œuvres sont "basées sur une série de surprises structurées autour d’un rythme marqué par des passages narratifs identiques. […] Elles montrent l’évidence macroscopique d’une crise dans les relations entre les objets et les êtres, entre les mots et les images."


Les installations à l’extérieur du Musée permettent d’évoquer ce jeu du changement d’échelle avec Black, mais aussi la pratique récurrente dans les dernières années de sa création de réalisations de commandes publiques – architectures inutiles et improbables ou sculptures monumentales et habitables… Les Smokestack Buildings with frozen fireworks, ces tours industrielles d’où sortent de la fumée surmontées d’éclairs de lumière figés installées sur le parvis, sont un des exemples de ces installations animant l’espace public, tout en convoquant le sensible, l’imaginaire, et le merveilleux en même temps que le banal le plus prosaïque.


L’exposition est accompagnée d’un catalogue.

Dennis Oppenheim, Splash Buildings (2009)

Dennis Oppenheim, Splash Buildings (2009)

Exposition du 14 mai au 25 septembre 2011. Musée d'Art Moderne - La Terrasse - BP 80241 - 42006 St-Etienne cedex 1 - Adresse GPS : Rue Fernand Léger - 42270 Saint-Priest-en-Jarez. Ouverture tous les jours de 10 h à 18 h, sauf les mardis. Fermé les 14 juillet et 15 août.




Dennis Oppenheim, Splash Buildings (2009)

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  Hommage à Dennis Oppenheim
  Musée d'art moderne, Saint-Etienne Métropole
  14.05- 25.09.2011

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