Communiqué de presse

Richard Nonas est né en 1936 aux Etats-Unis. Sa première activité, anthropologue, et les missions qui ont été les siennes (vivre auprès des Indiens du Mexique, des Inuits du Canada, ou des Indiens de l'Arizona) imprègnent l'ensemble de sa création plastique.

Richard Nonas met en place des dispositifs simples, répétitifs, qui vont marquer un territoire donné – espace naturel ou salles de musée. Les matériaux utilisés sont toujours liés à l'histoire du lieu dans lequel il s'inscrit.

Ce qui pourrait apparaître en premier lieu comme un art minimal voire conceptuel est en fait plus proche d'un art environnemental: les réflexions de Richard Nonas et leur mise en oeuvre portent sur la sensibilité des matériaux, et plus largement sur un rapport physique, sensible, au lieu.

Le titre de l'exposition, Shoots good, not straight, "Il tire bien, mais pas droit" est issu d'un dialogue avec un Indien rencontré au Mexique dans les années 1960, lorsque Richard Nonas effectuait de longues missions d'anthropologie, immergé dans le désert.

Ce vieil Indien, par une simple anecdote, plonge Richard Nonas dans une acceptation - qui devient désir - d'une réalité donnée en tant que telle, échappant à toute forme d'explication, d'analyse, qui tient dans sa présence et son identité d'expérience unique, sans qu'un quelconque commentaire puisse l'éclairer.

Ce qui pourrait apparaître en premier lieu comme un art minimal voire conceptuel est en fait plus proche d'un art environnemental. Richard Nonas est un artiste de la sensibilité, de la perception des phénomènes subtils qui régissent le rapport à l'altérité, à la nature, à l'ailleurs.












© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2012. Tous droits réservés

Richard Nonas, Shoots good, not straight


Exposition du 15 mai au 22 août 2010. Musée d'art moderne de Saint-Etienne Métropole, La Terrasse - 42000 Saint Etienne. Tél.: +33 (0)4 77 79 52 52. Ouverture du mercredi au lundi de 10h à 18h.

Son métier d'anthropologue l'a amené à se confronter à cette altérité, mais les outils d'analyse, de description et d'explication se sont montrés insuffisants. L'art s'est imposé comme la seule solution pour enjamber le fossé invisible qui sépare les hommes de leurs ancêtres, les hommes de la nature, les hommes de leurs voisins.

Au travers de dispositifs simples, répétitifs, utilisant des matériaux bruts, jamais retravaillés, Richard Nonas souhaite offrir la perception d'une réalité immédiate, entière, qui s'imposerait de façon universelle. A la façon d'une écriture de l'espace dans l'espace, des marques, des traces, des signes sont posés, agencés. Cette simple opération transforme le lieu dans lequel elle s'incrit.

De même pour les matériaux : traverses de chemin de fer, blocs d'acier, blocs de granit rose (bordures de trottoir) ou rochers extraits d'une carrière de l'Ain pour l'installation extérieure, s'enrichissent. La réalité de leur présence est implacable, l'étrangeté de leur apparition dans un lieu qui n'est pas celui de leur destination initiale s'efface au profit d'un sentiment de reconnaissance évidente, ils modèlent les espaces, les scandent, les rythment.



Richard Nonas. Au premier plan: Untitled floor piece (sans titre, pièce au sol), 2009. Acier  © DR. Au sol, second plan: Untitled floor piece (sans titre, pièce au sol), 2009. Acier.  © DR. Contre le mur: Untitled "Y" posts (sans titre, poteaux en "Y").

Richard Nonas. Au premier plan: Untitled floor piece (sans titre, pièce au sol), 2009. Acier  © DR. Au sol, second plan: Untitled floor piece (sans titre, pièce au sol), 2009. Acier.  © DR. Contre le mur: Untitled "Y" posts (sans titre, poteaux en "Y").

L'étrangeté, le non-familier, est le lieu de l'art. C'est ce qui fonde son identité et c'est le coeur de la recherche de Richard Nonas. Ne rien expliquer, ne rien démontrer.
Trouver des passerelles dont les fondations s'inscriraient dans des territoires familiers, mais dont l'élévation, la réalisation finale, nous amènerait vers un ailleurs inconnu et indéfinissable mais absolument concret: l'art.

L'exposition monographique de Richard Nonas au Musée d'art moderne de Saint-Etienne présente notamment deux installations in situ à l'intérieur des salles, pour lesquelles l'artiste utilise de l'acier et des blocs de granit, animant la surface au sol de formes géométriques simples répétées, de signes, de marquages, de codes détournés d'une certaine modernité. Á l'extérieur, des rochers issus de carrières voisines du Musée s'alignent pour former une crête ressurgie d'un passé imaginé ou ressenti.

La rétrospective que lui consacre le musée, outre ces installations in situ d'envergure, constitue l'occasion, pour la première fois dans un musée en France, de rassembler une vingtaine de sculptures, présentées au mur et au sol.




Richard Nonas. Au sol: Ulysses in Dogtown (Ulysse dans la ville des chiens), 2010. Installation in situ, granit © DR. Au mur: Crude thinking # 1-8 (Pensée brute, série de 1 à 8), 2005-2007. Bois. © DR. Courtoisie Studio Richard Nonas et galerie Anne de Villepoix, Paris

Richard Nonas. Au sol: Ulysses in Dogtown (Ulysse dans la ville des chiens), 2010. Installation in situ, granit © DR. Au mur: Crude thinking # 1-8 (Pensée brute, série de 1 à 8), 2005-2007. Bois. © DR. Courtoisie Studio Richard Nonas et galerie Anne de Villepoix, Paris

Le travail de Richard Nonas, qui a notamment été proche de Gordon Matta-Clark et de son groupe Anarchitecture dans les années 1970, a contribué avec Denis Oppenheim et Richard Tuttle à une forme de recontextualisation du langage formel minimal. Ses sculptures sont entrées dans les plus grandes collections comme celle du Guggenheim Museum ou du MoMA de New York.

«
Je veux que mes sculptures créent un monde, un espace, un lieu, qui aient un effet sur vous. […] le lieu porte une empreinte émotionnelle et une empreinte humaine qui excèdent la réalité physique.» Richard Nonas

"J'utilise les mots espace et lieu avec un sens différent. Pour moi, l'espace est seulement une réalité physique. Par contre, le lieu porte une empreinte émotionnelle et une empreinte humaine qui excèdent la réalité physique." Richard Nonas


Richard Nonas, Les femmes dures, 2010. Installation in situ. Rochers © DR

Richard Nonas, Les femmes dures, 2010. Installation in situ. Rochers © DR

Archives expositions personnelles France

  Richard Nonas, Shoots good, not straight
  Musée d’art moderne, Saint-Etienne
  15.05 - 22.08.2010

Archives expositions personnelles (N-O)